Photo animalière, éthique, matériel et techniques, deuxième partie.

Posted by Ulrich Josserand on

Le deuxième point dans le matériel, c'est évidement les objectifs. Je soulevais tantôt sur les boitiers APS-C le coefficient multiplicateur, c'est une force pour la photo animalière. Par exemple, un APS-C avec sont coefficient de 1.5 fait qu'un objectif de 70-200mm devient un objectif de 105-300mm (112-320mm chez Canon) et un 150-600mm devient 225-900mm (240-900mm chez Canon) ça peut paraitre anodin, mais ça veut dire qu'avec un APS-C vous pouvez avoir des objectifs moins encombrant  par rapport au plein format ou, si vous achetez le même objectif, il va encore plus grossir votre animal !  Le point crucial en photo animalière et la toute première chose à faire c'est établir qu'est-ce qu'on veut prendre en photo. Il y a une différence entre prendre des écureuils sur le bord de la fenêtre à Montréal ou prendre un Pic-bois dans la forêt. Un bon objectif pour la photo animalière est primordial. Il en existe des excellents à des prix plus ou moins élevés. On ne parlera pas ici des excellents objectifs professionnels comme les 800mm ou 600mm de chez Canon, car je pense que si vous êtes capable de payer 17000$ pour un objectif, vous avez surement acquis les bases décrites dans ce billet. Les trois focales d'objectif dont on entend parler souvent en photo animalière sont les 70-200mm, les 300mm et les 150-600mm. Si vous voulez prendre l'écureuil qui vient tous les jours sur le bord de vos fenêtres, un objectif standard sera suffisant, comme un 17-50mm par exemple. 

Les 70-200mm existent souvent en f4 et en f2.8. C'est des objectifs très lumineux qui permettent de faire plus facilement de la photo en basse luminosité surtout avec le f2.8. Les prix chez Canon par exemple, varient entre 1000$ environ pour les versions f4 les moins chères à 2800$ pour les versions f2.8 les plus chères Un 70-200mm est un objectif parfait pour les animaux de la grande faune, comme les orignaux ou les chevreuil. Par contre, pour prendre en photo des oiseaux, on en atteindra plus facilement les limites de longueur de focale.

Les focales fixe 300mm sont généralement disponibles en f4 et f2.8 (même f2 chez Canon). Ce sont tous les trois d'excellents objectifs. En revanche le f4 est beaucoup moins dispendieux que les autres versions qui commencent à être assez chères (chez Canon on parle entre 1800$ environ pour un f4 et 7600$ pour la plus chère, la f2). Pourquoi je parle de cette focale de 300mm ? Parce qu'une focale fixe est toujours de meilleure qualité optique qu'un zoom. Une focale de 300mm est un bon compromis. Par contre il faut garder en tête qu'avec une focale fixe c'est le photographe qui doit se déplacer vu qu'évidement la focale reste toujours la même. Donc ça oblige à se rapprocher de l'animal il faut donc garder en tête les lignes sur l'éthique. Aussi, dans certaines situations, on ne peut pas s'approcher, pour un phoque sur un rocher par exemple...

 

Les 150-600mm sont disponibles elles aussi dans plusieurs marques. Ces objectifs chez Sigma sont très bien réputés. De mon côté, je crois que c'est le meilleur compromis. Déjà par le prix, chez Sigma, on les trouve entre 1500$ et 2500$. Les deux versions sont excellentes. C'est aussi un bon compromis à cause de la plage de focale. 150-600mm permet de prendre facilement un orignal, un ours ou un phoque sur son rocher, mais aussi les oiseaux.

 

Pour la photo animalière, un bon sac à dos et un trépied sont aussi bienvenus ! On parle là de matériel relativement lourd, donc son transport sur le dos plutôt qu'autour du cou est pratiquement obligatoire. Il existe aussi des harnais qui permet de le transporter sur le torse, c'est très pratique pour l'avoir sous la main. Le trépied quand à lui vous permettra de mieux stabiliser votre photo, surtout sur les plus longues focales.

Il existe aussi un petit accessoire génial pour les objectifs : le multiplicateur de focale. Il s'agit d'une pièce optique qui se place entre le boitier et l'objectif et permet de multiplier la focale, généralement par 1.4 ou 2. Imagine donc, si tu utilise un Canon APS-C avec un objectif 150-600mm et un doubleur de focale, ta focale la plus longue sera donc 1800mm ! Sans doute assez pour prendre les extraterrestres en photo ! Évidement il y a toujours un revers à une médaille donc il faut noter que les multiplicateurs divisent d'autant la luminosité le l'objectif. Un objectif 70-200mm f2.8 deviendra donc 140-400mm f5.6. C'est à garder en tête car du coup l'objectif sera plus lent et réussira moins bien les photos en basse luminosité (ça allongera obligatoirement votre temps de pose). Les multiplicateurs de focale 2x font aussi souvent perdre l'autofocus et demande donc de travailler en manuel.

 Parlons un peu des techniques que j'utilise. Maintenant qu'on sait qu'on veut photographier des animaux et qu'on a du matériel pour les poser, comment on fait pour trouver des animaux ? Je précise à nouveau que je ne suis pas spécialisé dans la photo animalière, mais dans la photo d’aventure. La photo d’aventure est la photographie dans le contexte des sports d’aventures comme la randonnée, l’alpinisme ou le kayak par exemple (et bien d’autres). On y retrouve donc, entre autre, la photo des sports de plein-air, la photo de paysages plus ou moins perdus, ou encore d’animaux qu’on peut croiser sur notre chemin. Mon approche est donc sans doute un peu différente à celle d’un photographe spécialisé dans l’animalier.

La première chose à évaluer est où on va pratiquer. Évidement, si on veut photographier un caribou, le centre-ville de Montréal est peut-être pas l'idéal ;). Ce que je vous invite à faire c'est de définir où vous aller faire de la photo puis de chercher des renseignements sur quels types d'animaux vous allez y croiser. c'est d'ailleurs à mon sens un exercice à refaire dès que vous changer de secteur pour vos photos. Ça marche dans l'autre sens aussi ! si vous espérez prendre en photo un caribou, vous pouvez faire des recherches sur l'endroit où vous rendre pour ça. Vos deux meilleurs amis pour ces informations sont sans doutes Google et Facebook (groupes). 

De mon côté, quand je sais que je vais aller pratiquer, par exemple la randonnée, à un endroit, je me renseigne sur la faune que je risque d’y trouver. Par exemple, lorsque je faisais le Sentier International des Appalaches, je savais que je pourrais croiser des orignaux, des chevreuils ou des ours. Je pense que vous pouvez transposer ça à votre environnement.

Si vous habitez Montréal par exemple et que vous voulez photographier des animaux, vous vous tournerez alors vers la faune urbaine. Un écureuil ou un raton laveur peuvent être des sujets sans fin vu leur ingéniosité pour trouver de la nourriture.

Si vous décider par exemple d’aller dans une réserve faunique, vous y trouverez peut-être des orignaux ou des ours. C’est pourquoi il est important de se renseigner.

 

Pour débuter la photo animalière, le plus simple est sans doute de se tourner vers les oiseaux car ils sont présents un peu partout. De mon côté, il m’arrive encore souvent d’aller par exemple dans le secteur du site maritime de Pointe-au-Père. Il y a souvent plusieurs espèces d’oiseaux et ça me permet aussi d’échanger avec des connaisseurs qui sont souvent de grandes sources concernant les comportements des oiseaux.

Parce que le point le plus important pour trouver des animaux c’est surement celui-là : connaitre leurs comportements. Certains sont plus nocturnes d’autres sont visibles seulement à certaines périodes de l’année, ou encore s’enfuiront au moindre signe d’une présence humaine. Il est donc primordial de se documenter sur ces animaux.

Certains photographes spécialisés utilisent des techniques de chasse pour photographier les animaux. Ils connaissent très bien leurs comportements et habitudes et sont capable de suivre leurs traces. C’est une bonne façon de faire, toujours à la condition que c’est fait dans le respect de l’animal et sans jamais le déranger ou lui nuire. Cette méthode apporte peut-être plus de résultats que la mienne mais peut prendre énormément de temps. En effet, de mon côté, le but premier n’est pas de rencontrer un animal, mais de faire de la randonnée ou du ski haute route par exemple. Mais, je suis prêt à prendre un animal en photo s’il se présente. Vous devez rester discret et garder les yeux ouverts. Les animaux se font souvent moins visibles quand on fait du bruit.

N’ayez jamais trop d’attentes. Souvent, vous rentrez bredouille, mais il ne faut pas se décourager. Si vous ne voulez pas vous lancer dans des longs moments dans le bois ou à faire des activités dans des endroits reculés, la photo animalière est quand même possible, mais avec de la patience et de se mettre dans les bonnes conditions. Concernant les oiseaux, il y a de nombreux sites ornithologiques au Québec et de nombreux clubs. S’en rapprocher vous aidera surement. Pour les animaux sauvages qui ne sont pas des oiseaux, certains endroits comme le Parc du Bic ou le Parc Forillon rendent la photographie animalière plus accessible. Peut-être que se prévoir un voyage dans ces lieux vous permettra de voir des animaux. J’ai longtemps habité à côté du Parc Forillon, et même encore aujourd’hui je suis tout excité quand je peux y photographier un ours. Ce qu.il faut retenir, c’est de ne pas avoir trop d’attentes, de profiter du lever et du coucher du jour, les animaux sont souvent plus visibles à ces périodes, de se renseigner sur leurs comportements et que de fréquenter des endroits moins  où il y a moins de monde met toujours les chance de notre côté.

Pour conclure, je sais que je me répète, mais la photo animalière vient avec une éthique. On ne dérange pas, on ne nourrit pas et on ne poursuit pas un animal. Si l’animal se repose, mange ou tente de s’enfuir, s’il montre le moindre signe de stress, on se retire. N’oubliez jamais que vous êtes chez eux et qu’on doit les respecter. Les moindres écarts de comportement des humains peuvent mettre les animaux en danger et fragiliser tout un écosystème. Si nous voulons que nos enfants et nos petits enfants aient aussi la chance de vivre des moments privilégiés dans la nature, nous devons la respecter.


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